Style
Le conseil en image : couleur, silhouette et visage, sans recettes
Carolina Collaer · 24/10/2026
Ce que regarde vraiment un conseil en image : les 12 saisons de la colorimétrie, les six silhouettes et la forme du visage (lunettes et contouring). Avec des illustrations et deux exemples pour chacun, pas un catalogue de règles.
Il y a des vêtements qui vous illuminent le visage dès que vous les portez. Et d’autres, superbes sur le cintre, qui vous éteignent sans que vous sachiez dire pourquoi.
Il y a presque toujours une raison, et c’est rarement le vêtement. C’est la couleur près de votre peau, la ligne de la coupe sur votre corps ou la forme de la monture devant votre visage.
Un conseil en image sert à nommer cette raison. Non pas pour vous changer, mais pour que vous choisissiez en connaissance de cause.
Ce qu’est (et ce que n’est pas) un conseil en image
Ce n’est ni un uniforme ni une liste d’interdits. C’est la lecture de trois choses qui ne changent pas d’une saison à l’autre, et d’une qui change : votre moment de vie.
Les trois premières ont leurs propres techniques. Je vous explique ici les plus connues et les plus partagées, avec des illustrations et des exemples :
- La couleur : les teintes qui illuminent votre peau, vos yeux et vos cheveux (la colorimétrie).
- La silhouette : la proportion entre épaules, taille et hanches (la morphologie).
- Le visage : sa forme, qui oriente les lunettes, le maquillage et la coiffure (le visagisme).
- Votre style et votre moment : ce qui vous représente aujourd’hui, qu’aucun tableau ne sait à votre place.
1. La couleur : les 12 saisons
La colorimétrie regarde trois choses dans une couleur. Sa température : chaude (dorée) ou froide (bleutée). Sa valeur : claire ou profonde. Et son intensité : vive et nette, ou douce et poudrée.
En croisant ces trois regards, on obtient quatre familles, printemps, été, automne et hiver, et chacune se divise en trois. Ce sont les 12 saisons.

Elle se lit ainsi : plus on va à gauche, plus c’est chaud ; plus on va à droite, plus c’est froid. Les saisons du haut demandent des couleurs nettes et contrastées ; celles du bas, des couleurs mélangées, avec une pointe de gris.
Deux exemples opposés. Un Hiver clair est à son meilleur avec un contraste fort : rouge franc, vert émeraude, bleu intense, fuchsia, noir et blanc ensemble. Un Automne pastel gagne avec l’inverse : camel, sable, saumon doux, verts et bleus éteints, rien qui crie. Inversez-les, et le premier a l’air fatigué tandis que le second disparaît derrière ses vêtements.
La touche professionnelle est dans la façon de regarder : à la lumière du jour, le visage démaquillé et les tissus d’essai sous le visage, un par un. Pour une première piste depuis chez vous, jouez à COLORIMETRY ME!, le jeu de CARO : il vous propose une saison et vous montre sa fiche. C’est un point de départ, pas un diagnostic.
2. La silhouette : six formes de proportion
La morphologie ne parle ni de taille de vêtement ni de poids. Elle compare trois largeurs, épaules, taille et hanches, et leur donne la forme d’une lettre. Aucune n’est meilleure qu’une autre : chacune a ses alliées.

- A : hanches plus larges que les épaules, souvent avec une taille fine.
- V : épaules ou poitrine plus larges que les hanches.
- H : épaules et hanches alignées, taille peu marquée.
- I : comme le H, sur une ossature menue et longiligne.
- O : les rondeurs se concentrent au centre, la taille est la partie la plus large.
- X : épaules et hanches équilibrées, taille bien marquée.
L’idée n’est pas de « corriger » le corps, mais d’équilibrer les lignes : attirer le regard là où vous le souhaitez et apaiser le reste. Deux exemples, pour comprendre la logique.

Exemple 1 : la silhouette en A
Ici, tout l’intérêt va en haut, pour équilibrer des hanches plus larges que les épaules. Un chemisier coloré à manches ballon et encolure bateau élargit visuellement les épaules ; un collier plastron remonte le regard vers le visage. En bas, l’inverse : une jupe droite ou légèrement évasée, dans un ton foncé et uni, dans une matière qui tombe sans coller, sans poches latérales ni volants. Et le chemisier rentré : une tunique longue qui s’arrête pile sur la hanche désigne justement la zone que vous vouliez apaiser.
Exemple 2 : la silhouette en X
Si votre taille est marquée, il s’agit de ne pas la cacher. La robe portefeuille est sa grande alliée : le croisé dessine la taille et le décolleté en V allonge le cou. Une ceinture à la taille naturelle et des jupes ou pantalons taille haute suivent la même logique. Côté manteau, plutôt un trench noué à la taille qu’un manteau droit : les pièces sans forme, aussi belles soient-elles, transforment un X en H.
3. Le visage : lunettes et contouring
Le visagisme part de la forme du visage. Dans les fiches de CARO, nous en travaillons sept : ovale, rond, carré, rectangulaire, triangulaire, pyramide inversée et losange. Le principe est presque toujours le même : la monture apporte ce que le visage n’a pas.


Sur un visage rond, aux lignes courbes et presque aussi large que long, une monture fine et anguleuse, un peu plus large que haute, affine et allonge ; un pont clair ouvre le regard. Sur un visage carré, au front et à la mâchoire larges, c’est l’inverse qui fonctionne : des montures arrondies ou ovales, en métal léger, qui adoucissent les angles, et jamais plus larges que le visage lui-même.
Trois règles valent pour toutes les formes : la monture ne cache pas les sourcils ; elle ne dépasse pas la partie la plus large du visage ; et le pont se choisit avec le nez et les yeux (foncé et bas si les yeux sont écartés ou le nez long, clair et plus haut dans le cas contraire).
Contouring : ombre et lumière
Le maquillage suit la même idée avec deux outils : l’ombre creuse et la lumière avance. La lumière va presque toujours aux mêmes endroits : le centre du front, sous les yeux, l’arête du nez et le menton. C’est l’ombre qui change avec la forme du visage.

Sur un visage rond, l’ombre descend sur les côtés, de la tempe à la mâchoire, avec une touche sous la pommette : le visage s’allonge. Sur un visage carré, l’ombre va aux quatre coins, les tempes et l’angle de la mâchoire, pour les arrondir. Dans les deux cas, un ton mat un peu plus foncé que votre peau et très estompé : si l’on voit le trait, il y a trop de produit. Le fard à paupières, en revanche, dépend de la forme des yeux, pas de celle du visage.
Des clés pour vous guider (et un regard professionnel)
Ce sont les techniques les plus connues et les plus partagées du conseil en image, et elles vous donnent déjà beaucoup de clés. Avec un peu de pratique et quelques lectures, elles vous permettent de vous guider de façon simple et efficace : regarder votre garde-robe autrement, choisir une monture en connaissance de cause, comprendre pourquoi une couleur vous va si bien.
Mais le conseil en image est plus qu’une somme de techniques, et aucune ne remplace le vrai regard d’une conseillère en image. Elle les croise entre elles (une silhouette en A au visage carré et à la palette Automne pastel ne s’habille pas comme une autre A Hiver clair) et avec ce qu’aucun tableau ne mesure : votre style, votre travail, la façon dont vous voulez vous sentir.
Et si, à un moment, vous souhaitez cet accompagnement, CARO est là. Carolina conseille depuis 2017 : elle a accompagné des clientes en Belgique et aux États-Unis, et aujourd’hui depuis l’Espagne. Nous travaillons en personne, avec la lumière, des tissus et votre propre garde-robe, dans la Séance CARO · Image & Présence ou dans une Séance essentielle, centrée sur une seule question. Vous trouverez tout dans nos services de conseil en image.
Ce que je ne ferais pas
- Je ne suivrais pas un tableau à la lettre : c’est une carte, pas une loi.
- Je ne viderais pas ma garde-robe après avoir découvert ma saison. Il suffit souvent de déplacer une couleur : loin du visage, sur un pantalon ou un sac.
- Je ne garderais pas une étiquette pour toujours : les cheveux, la peau et la vie changent, et la lecture peut changer avec eux.
Questions fréquentes
Puis-je trouver ma saison seule, avec un test ?
Un test ou un jeu comme COLORIMETRY ME! donne une bonne piste et apprend à regarder. La confirmation demande la lumière du jour, des tissus d’essai et un œil exercé : entre deux saisons voisines, la différence est subtile.
Et si je suis entre deux silhouettes ?
C’est très fréquent. Les lettres sont des repères, pas des cases. On prend la plus proche et on ajuste avec l’autre : un H avec un peu de taille, par exemple, peut emprunter des idées au X.
Le conseil en image, c’est seulement pour acheter de nouveaux vêtements ?
Non. L’essentiel du travail se fait avec ce que vous avez déjà : de nouvelles associations, des pièces retrouvées et une liste courte et honnête de ce qui manque vraiment.
